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     FRANCAIS rouge
   
 
Son histoire

 
Et Marrakech naquit...  
Au début, il y avait la terre ; la terre partout ; une terre nue, ocre rose; pas d’arbres, ou peu ; des buissons de jujubiers, des épines. Et le soleil, lui seul.
Au début, avant même que n’apparaisse la ville, il y avait des murs. Des murs de la même teinte, de la même matière que le sol. On les construisait en damant la terre liée avec un peu d’eau dans des banches rudimentaires. Comme aujourd’hui encore, ces murs limitaient les terrains privés, les enclos à moutons ou les terres de culture où il y avait un peu d’eau.
De deux ou trois banches, leur hauteur dépassait rarement celle d’un homme, si ce n’est pour former au moyen de banchages, de roseaux et de terres encore, des abris,des étables rudimentaires, des maisons. Ces murs suivaient les imperfections du terrain naturel; montant, descendant, tout en ruptures et courbes, ils évitaient les
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pistes et les circuits prévisibles de l’eau. Ces murs étaient les seuls traces, le seul relief sur la plainte aride, comme un crayon de poussière tenu d’une main hésitante aurait dessiné les trames et racé les parcours de la vie. La vie des hommes et des plantes, qui se terre et qui attend, comme l’eau qui dévale les montagnes en torrents et s’est cachée sous lesol, arrivée dans la plaine. Au début, il n’y avait donc que la plaine, de la terre, des murs de terre, quelques toits de terre, et le soleil.
 
Marrakech, la ville...
Luis vinrent les hommes voilés, les hommes du Sud, et autour de leur campement, de leurs enclos, de leur souk, ils bâtirent cette ville. Quand vint le temps des premiers dangers, ils l’entourèrent d’un mur. Un mur très épais, très haut, garni de tours et de portes. Un mur de terre, fait avec la même technique ancestrale, avec les mêmes banches que les murs des enclos, des bergeries et des champs. Avec la même matière que les maisons et les murs des vergers ; la même terre que celle des mosquées; la même que celle des tombeaux ! ils étaient plusieurs centaines, peut être mille hommes, à transporter, tamiser, mélanger, damer cette terre ; ils ont entouré la ville de remparts. Ils ont construit des portes, onze portes, peut-être douze comme celles de l’ancienne Sijilmassa, et ces portes se répondaient deux par deux au-dessus de la ville.
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majorel Marrakech vivante !
Une porte, isolée vers le couchant, et donnant sur les jardins du palais, était réservée à l’usage du sultan ; elle prit le nom de bab el Makhzen.
Dans leur géométrie cachée, les portes murmuraient entre elles que bab Aylan indiquait la qibla. Elle ne l’ont pas oublié, comme l’ont oublié les hommes, trop occupés à construire cette ville, en se partageant les terres et les quartiers le long des chemins de mules qui menaient de ces portes au centre vibrant de la nouvelle cité, la mosqué et le marché. C’est ainsi que Marrakech est née, immense résille de murs de terre et de toits de terre en quadrillage imparfait, tissé d’espaces clos, de jardins, de patios de cours. Marrakech, dans une harmonie de tons ocre rose, comme un chatoyant tapis de secrets contigus.Puis le temps a joué sur cette terre,
sur ces murs. Et la pluie en a sapé les fondements ; et le vent en a arraché la poussière, déposée sur les chemins, dans les rues. La ville s’est lentement rebâtie sur la ville, redessinant sans cesse une autre ville, par d’autres murs relevés sur les traces des murs, avec la même terre... Sous le même soleil, toujours !